Combattre les préjugés (quels qu’ils soient)

Combattre les préjugés (quels qu’ils soient)

Lorsque mon livre sur les Femmes libres est sorti en juin dernier, je n’avais pas conscience des préjugés qu’il pourrait remuer. Mais évidemment, comme toute parution, celle-ci n’a pas fait l’économie de l’horizon d’attente des lecteurs, cet ensemble de représentations forgées à partir de la connaissance de l’auteur, de la thématique, mais aussi de l’éditeur, qui fait que l’on ne se plonge pas dans un roman de Proust avec le même état d’esprit que lorsqu’on ouvre un recueil de Prévert. Même si les deux peuvent susciter un intérêt aussi fort !

Il y a peu, j’ai été étonnée de m’entendre dire au détour d’une conversation : « Un livre sur les femmes célèbres chez Fleurus ? ». L’ironie à peine masquée me déconcerta. Car j’étais fière de ce livre et de la petite pierre que j’apportais à l’édifice, toujours en construction, de l’égalité des sexes. Ces récits permettent en effet de mettre en avant des parcours exemplaires et de faire ressortir les qualités de ces femmes qui, sans toutes être féministes (Jeanne d’Arc aurait eu bien du mal à l’être !), ont « osé être elles-mêmes » comme le dit le sous-titre. De manière plus explicite, l’introduction retrace la manière dont les femmes, au fil des siècles, se sont progressivement fait une place dans des secteurs toujours plus nombreux. De même, je m’étais attachée, dans mon précédent livre sur les Inventeurs (toujours chez Fleurus), à expliquer pourquoi l’on trouvait si peu de femmes. Il n’était pas question de remplacer Edison ou Archimède par une illustre inconnue et de refaire l’Histoire, mais de l’expliquer aux enfants, si !

À l’inverse, j’ai été agréablement surprise par l’honnêteté intellectuelle de cette chronique où le blogueur qui reconnaît que s’il a précédemment été déçu par Fleurus, il n’a « personnellement, rien à reprocher à cet ouvrage » et, écrit-il, je l’ai même trouvé vraiment bien fait ». « Bref, conclut-il, c’est un super moyen de découvrir des femmes qui se sont battues… et avoir envie aussi de ne pas se laisser faire. Ajoutons que les illustrations sur magnifiques. »

Ces deux réactions font émerger plusieurs questions : est-on responsable de tous les ouvrages publiés par son éditeur ? Doit-on uniquement publier des livres féministes chez des éditeurs qui se revendiquent comme tels ? Je ne le pense pas. Bien sûr, certaines maisons, plus que d’autres, font un travail formidable pour casser les préjugés. En particulier, Talents hauts, qui rencontre aujourd’hui un écho mérité, a beaucoup œuvré en ce sens et continue de le faire ! Mais il me semble que c’est en diffusant ces idées partout que, petit à petit, on fait évoluer les mentalités du plus grand nombre.

Et je vais vous dire un secret : à la demande de mon éditrice chez le même Fleurus, mon prochain livre qui paraîtra en février 2019 respecte d’un bout à l’autre l’écriture inclusive !

 

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