Appelez-moi John !

“Appelez-moi John !”

 

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Assis sur le canapé en attendant l’heure du rendez-vous, le mouvement frénétique de sa jambe trahit sa nervosité. C’est la première fois qu’il a affaire à un avocat et il a peur de se montrer maladroit. Il n’est pas sûr d’avoir les bons codes ni d’utiliser les mots qu’il faut. D’ailleurs, le seul mot d’avocat l’impressionne. Son pote Marwan, qui lui a recommandé de s’adresser à celui-là, a bien essayé de le rassurer, mais cet univers si éloigné du sien l’intimide. Sans compter que la paperasse et lui, ça fait deux… À la maison, c’est Mathilde qui s’est toujours chargée de payer les factures. Enfin, jusqu’ici.

— Tu vas voir, ça va très bien se passer, a insisté Marwan. Il va te poser des questions et te donnera toutes les infos sur les démarches à effectuer.
— Mais est-ce qu’il va vraiment comprendre la situation ? s’est inquiété Arnaud.
— C’est son domaine, t’en fais pas. Si tu expliques clairement les choses, il sera de bon conseil. Et puis, aujourd’hui, tout est très encadré. Les procédures sont bien rôdées, tu sais.
Non, il ne sait pas. Ce qu’il sait, c’est qu’il n’a pas les moyens de se payer « un ténor du barreau », comme ils disent aux informations. Et qu’il ne veut pas attendre trois mois avant d’obtenir un rendez-vous. Là, un simple échange de mails a suffi pour trouver un créneau dans un délai d’une semaine ! Le premier contact a été efficace, c’est le moins qu’on puisse dire.
— Tu vois ? a triomphé Marwan. Je t’avais dit que c’était pas compliqué !
Arnaud doit reconnaître qu’il a été agréablement surpris par la disponibilité de l’avocat. Il ne connaît rien à ce monde-là – et ne veut d’ailleurs pas en connaître grand-chose. Mais ce qui est sûr, c’est que dans les métiers de bureau, les emplois du temps sont toujours pleins comme une barrique. Le dicton vient de son grand-père, le dernier descendant d’une modeste lignée de vignerons dans le Beaujolais, les Belliquot. Le domaine a été fameux à une époque mais il n’en reste rien aujourd’hui.

Un demi-siècle plus tôt, des grêles tardives, deux années de suite, avaient complètement dévasté les pieds. Par un malheureux hasard, la catastrophe s’était produite juste après que l’aïeul eut investi dans de nouvelles machines dont les promesses de rendement étaient à la hauteur de l’endettement consenti. En moins de temps qu’il n’en faut pour vider les cuves, les aléas climatiques avaient eu raison de la santé fragile de la petite exploitation. Au bord de la faillite, Jean-René Belliquot avait été obligé de vendre. D’autant plus à contre-cœur que les acheteurs n’étaient pas de la région, mais des Béarnais qui avaient délaissé le petit manseng pour le gamay.
Arnaud n’était pas né à l’époque, son père n’était lui-même qu’un ado boutonneux, mais cette déchéance viticole a toujours fait partie du roman familial. Quand Arnaud était gosse, son grand-père lui a maintes fois raconté la liquidation de la propriété, l’épopée du déménagement en ville, la manière dont il s’était battu pour retrouver du travail… Le nom des Belliquot avait disparu des étiquettes, l’amour du vin était resté. Et avec lui, toute une farandole d’expressions plus ou moins farfelues, ainsi qu’une hantise viscérale des tribunaux. Digne héritier des Belliquot, Arnaud veut à tout prix éviter un procès. Il a fini par comprendre qu’il ne pourrait échapper aux avocats mais il entend régler cette affaire à l’amiable. À condition que Mathilde ne lui mette pas des bâtons dans les roues. Car pour le moment, elle ne lui facilite pas la tâche…

— Tu veux que je reste avec toi pendant le rendez-vous ? a proposé Marwan qui a eu la bonne idée de s’inviter à déjeuner, lui apportant des lasagnes et du courage.
Arnaud a hésité, mais non, il doit se débrouiller tout seul. Bon, maintenant que l’heure approche, il doit bien avouer qu’il regrette un peu cet accès de bravoure. Mais c’est trop tard. Après le repas, ils sont allés boire un café chez Gilles au bar-tabac d’en bas puis Marwan est rentré chez lui. Arnaud va devoir affronter seul ce premier entretien. Soucieux de garder les idées claires, il s’est limité ce midi à deux verres de Régnié qui n’ont pas suffi à le détendre. Il se rattrapera tout à l’heure, pense-t-il en attendant sur le canapé. Mais pour l’instant, il doit surtout se concentrer sur ce qu’il va dire car il est très exactement 14h30.

— Bonjour, maître.
— Je vous en prie, appelez-moi John !
— Ah très bien, comme vous voulez.
Passée la surprise, Arnaud sent quelque chose se relâcher en lui. En quelques secondes, l’inconfortable timidité qui le taraudait depuis ce matin laisse la place à un mélange de soulagement et de curiosité. Si l’avocat cherche à le mettre à l’aise, tant mieux ! Va pour John ! Il a déjà la tête farcie avec toute cette histoire, pas la peine d’en rajouter en faisant des chichis. Ça permettra peut-être d’aller plus vite à l’essentiel. Mais encore faut-il savoir ce qui est essentiel et Arnaud a beau avoir préparé son rendez-vous, il ne sait pas du tout par où commencer…
— Ne vous en faites pas, je suis là pour vous aider, reprend John, comme s’il lisait dans ses pensées. Nous allons procéder pas à pas. Alors, racontez-moi. Que puis-je faire pour vous être utile ?
L’amabilité dont fait preuve John le rassure. Il doit être habitué à ce que ses clients soient un peu déboussolés : on ne fait pas appel à un avocat quand tout va bien, n’est-ce pas ? Arnaud se souvient des conseils de Marwan : « dis les choses simplement ».
— On va se séparer avec Mathilde.
— Vous êtes mariés ?
Après l’accueil chaleureux, la question, abrupte, lui fait l’effet d’une douche froide. En même temps, il s’attendait à quoi ? C’est un avocat qu’il consulte, pas un psy. Il n’a pas besoin de savoir comment leur histoire a dérapé. Lui, son domaine, c’est l’administratif. Enfin, il aurait quand même pu demander, au moins pour montrer un peu d’intérêt. Parce que d’accord, c’est lui qui a pris la décision de partir mais ça n’a pas été de gaité de cœur car, au fond, tout ça, c’est de sa faute à elle.
— Vous êtes mariés ? répète John.
— Non.
Mathilde a toujours refusé. Lui, ça lui aurait bien plu de passer devant le maire, de la voir en robe blanche avec tous les copains autour pour faire la fête. Mais elle disait qu’ils n’avaient pas besoin de ça, que c’était juste un bout de papier qui ne voulait rien dire. Surtout, elle trouvait inutile de dépenser de l’argent pour se marier alors qu’ils ne roulaient déjà pas sur l’or… Là-dessus, il ne pouvait pas la contredire. Au début, il avait quand même insisté : il avait parlé du symbole, de la promesse qu’ils se feraient, des alliances qu’ils s’échangeraient… Rien à faire. Une fois ou deux dans les mois qui avaient suivi leur emménagement, il avait remis le sujet sur la table, sans plus de succès.
Amoureux, entraîné par sa tourbillonnante Mathilde, il s’était persuadé que ce n’était pas si grave. Et puis Lucas était né, bientôt suivi de Chloé. L’idée du mariage s’était dissoute dans les nuits sans sommeil, les couches et les pleurs. Au final, ça faisait exactement douze ans et demi qu’ils étaient ensemble, presque treize – il a eu le temps de recompter pendant ses soirées solitaires. Mais de toute façon, mariage ou pas, si c’était pour en arriver là…

— Vous avez des enfants ? poursuit John.
— Oui. Deux.
— Quel âge ont-ils ?
— 9 et 7 ans.
— Quels sont leurs prénoms ?
— L’aîné c’est Lucas, la deuxième Chloé.
Il n’y aura pas de troisième. Là aussi, le sujet avait fait débat. Arnaud rêvait d’une famille nombreuse, lui qui était fils unique. Mais les grossesses avaient été difficiles et Mathilde n’était pas encore sortie de la maternité après le deuxième accouchement qu’elle l’avait prévenu : Chloé serait la dernière. Arnaud s’était peu à peu fait une raison.
— Quelle est votre profession ?
Pragmatique, efficace. On passe d’un sujet à l’autre, sans perdre de temps. Arnaud est un peu étonné que John ne lui demande pas davantage de détails sur leur relation, mais ça ne doit pas être comme ça que ça se passe chez les avocats… Lui, même s’il a plusieurs urgences, il prend toujours le temps de discuter un minimum avec les gens.
— Plombier.
— Quelle est la profession de votre femme ?
— Vendeuse. Dans une boutique de prêt-à-porter.
Ça fait un an qu’elle a trouvé ce job. À l’époque, ils avaient sauté de joie même si ce n’était qu’un mi-temps car la chaîne de vêtements où Mathilde travaillait avait mis la clef sous la porte du jour au lendemain pour se délocaliser en Roumanie ou Pologne, il ne sait plus bien. Ils avaient licencié tout le monde et Mathilde s’était retrouvée à pointer chez Pôle emploi en même temps que la vingtaine de ses anciens collègues. Pas évident de tous les recaser… Mathilde avait eu de la chance : elle n’était restée au chômage que deux mois. Une veine incroyable, oui ! Enfin, c’est ce qu’ils se disaient. S’il avait su…

— Quels sont vos horaires ? Vous avez le temps de vous occuper de vos enfants ?
Ah, c’est donc ça le lien… La question l’attriste car non, Arnaud ne voit pas beaucoup ses gosses. C’est Mathilde qui les amène à l’école le matin, pendant que lui court à l’aube chez ses clients, avant qu’ils ne partent au travail. Il ne rechigne pas non plus à s’y rendre le soir, une fois qu’ils ont fini leur journée, laissant ses enfants s’endormir avec leur mère. Sans compter les dépannages le week-end… Les journées, en revanche, sont souvent creuses. Mais il y a trop d’imprévus pour qu’il aille chercher les petits le midi. Au début, il le faisait de temps en temps. Mais Mathilde disait que c’était mieux pour les enfants d’avoir un rythme régulier et de déjeuner tous les jours au même endroit. Elle-même travaille deux jours par semaine à l’heure du repas. Ils avaient donc inscrit Lucas et Chloé à la cantine. Oh, ils n’y sont pas malheureux. Mais peut-être qu’en s’arrangeant autrement, il aurait pu les prendre le midi.

Peut-être qu’il se débrouille mal, qu’il n’impose pas assez ses horaires. C’est ce que lui dit Marwan qui s’en sort beaucoup mieux. Mais il est dans l’électricité, lui. C’est différent. « Les métiers de service sont des activités nobles, mais avec des contraintes », essaie-t-il d’expliquer à ses enfants, soucieux de leur transmettre le goût de l’effort et du travail bien fait. Un autre héritage du clan Belliquot. Pendant ce temps, Mathilde s’occupe des mômes oui, mais elle trouve aussi le temps de faire des rencontres… Satané mi-temps ! Arnaud respire un grand coup. Pas question de ressasser encore. Pas maintenant. Il sait que s’il s’aventure sur ce terrain-là, il va s’énerver et finir par tourner en boucle. Or, s’il veut monter un dossier à son avantage, il a besoin de toutes ses capacités mentales pour répondre correctement aux questions de l’avocat.
— Mathilde ne travaille qu’à mi-temps. Moi je pars tôt et je rentre tard. Les enfants sont beaucoup avec elle. Ce n’est pas que je n’ai pas envie de les voir, mais il faut bien que quelqu’un fasse tourner le ménage…
— Avant votre séparation, vous les voyiez tous les jours ?
Arnaud a un mouvement de recul. Est-ce qu’il ne vient pas d’expliquer qu’il est obligé de travailler autant, qu’il n’a pas le choix ? Il a bien conscience qu’un avocat s’appuie sur des faits objectifs pour remplir un dossier mais il n’apprécie pas que John se focalise uniquement sur la situation concrète et administrative, sans prendre en compte l’évidente émotion qui accompagne un tel bouleversement. Surtout quand il est question des enfants. Pour se calmer, Arnaud repense à ce que lui a dit Marwan : il a besoin de cet avocat. Mathilde ne va pas se priver, elle : ce David dont elle s’est entichée a les moyens de lui en payer un, et certainement bien plus expérimenté…
— Non. Des fois ils étaient déjà couchés quand j’arrivais à la maison, reconnaît-il.
— C’est noté. Maintenant, j’ai besoin de connaître plus précisément votre situation. Où habitez-vous actuellement ?
Il est parti de la maison il y a un mois. Il ne pouvait pas continuer à vivre sous le même toit que cette femme qu’il ne reconnaissait plus. Secouant la tête pour chasser ces pensées parasites, Arnaud donne son adresse actuelle et continue de répondre docilement aux questions de John : il décrit en détails l’appartement qu’il a trouvé, évalue avec John la distance qui le sépare du domicile familial, compte le temps qu’il faut à pied, en bus et en voiture pour faire le trajet de l’un à l’autre. Mais honnêtement, il se demande si tout cela est vraiment utile… Imperturbable, John poursuit son interrogatoire sur le montant et la durée de leur crédit immobilier tandis qu’Arnaud, renfrogné, s’enfonce peu à peu sur sa chaise.

— Est-ce qu’une séparation à l’amiable est envisageable ?
— Moi, je préfèrerais oui, mais pour l’instant Mathilde ne veut pas qu’on en parle.
— C’est un point essentiel. J’ai besoin d’une réponse claire.
— Je ne sais pas.
— Oui ou non ?
Ce John commence à l’agacer ! Comment peut-il savoir ce que Mathilde a dans la tête ? Est-ce de sa faute si elle refuse de discuter avec lui ? Arnaud a bon espoir, cependant, de trouver un accord avec elle. Pour les enfants.
— Oui, je pense qu’elle acceptera, lâche-t-il en soupirant.
— Ok, je note : séparation à l’amiable envisageable. Voulez-vous demander une garde alternée pour vos enfants ?
Ah oui la garde, bien sûr, c’est un problème. Mais avant de se pencher sur les questions logistiques, John ne demande pas comment les gosses vivent tout ça ? Quand même, il pourrait faire preuve d’un peu plus de compréhension ! N’importe qui sait que dans une séparation, ce sont les enfants qui trinquent… Quand il est parti de la maison, leur mère leur a expliqué la situation mais Arnaud n’a pas réussi à savoir exactement ce qu’elle leur a dit. Depuis, à chaque fois qu’il est venu les voir, Lucas a fait comme si de rien n’était. Aucune allusion, rien. Comme si c’était parfaitement normal ! Chloé se confie beaucoup plus, elle dit qu’elle est triste. Lucas, c’est dur de parler avec lui. Un soir de la semaine dernière, Arnaud a fini tôt son travail – il a exprès refusé une intervention pour ça – et il est passé à l’appartement pour discuter avec son fils. Il a pris le temps pour le mettre en confiance. Enfin, c’est l’impression qu’il a eue. Faudra voir s’ils arrivent à parler vraiment et à construire, comme il l’espère, une relation solide. Pas comme celle, faussement virile, qu’il avait avec son propre père. En tout cas, évidemment qu’il veut continuer à voir ses enfants !
— Oui, une garde alternée.
— Pouvez-vous aménager votre temps de travail pour être disponible pour vos enfants ?
— Je ne sais pas, je vais voir. Sans doute…
— « Sans doute » ne suffit pas, vous devez me dire si c’est possible ou pas.
— D’accord, oui. Je m’arrangerai.
— C’est noté. Avez-vous des questions ?
— Je crois que c’est la crise de la quarantaine…

Il ne peut s’en empêcher. L’avocat ne lui demande pas les raisons de leur séparation mais lui a besoin d’en parler, d’expliquer. De se l’expliquer.
— Que voulez-vous dire ?
— Vous savez, les premières rides, un boulot pas très motivant, la routine à la maison, l’envie de renouveau…
— Je ne comprends pas ce que vous voulez dire.
— Comment ça, vous ne comprenez pas ?
— Je ne comprends pas ce que vous voulez dire.
— C’est courant, explique Arnaud, tentant d’oublier son irritation. On n’est pas le premier couple à traverser ce genre de crise. Chez les femmes, il y a ces histoires d’horloge biologique, même si je doute que Mathilde soit sensible à ça puisqu’elle ne veut pas d’autre enfant. Mais le besoin de séduire, ça oui…
— Quelles informations cela va-t-il m’apporter pour constituer votre dossier ? reprend John.
— …
— Bien. J’ai suffisamment d’informations pour le moment, conclut l’avocat.

Cette fois, Arnaud sent monter la colère sourde qu’il avait plus ou moins réussi à retenir jusque-là. Mais pour qui se prend-il ce John à la fin ?
— Vous croyez qu’on peut résumer 15 ans de vie commune comme ça, en dix minutes ? s’énerve-t-il.
— Je ne comprends pas ce que vous voulez dire. J’ai tous les éléments nécessaires à la constitution de votre dossier.
— Tous les éléments ? Mais je ne vous ai presque rien di !
— Ça me suffit pour le moment. Maintenant, je vais faire la liste des documents qu’il faudra me faire parvenir et je vous l’adresserai directement par mail. Souhaitez-vous aussi que je rédige la lettre que vous pourrez envoyer au juge pour officialiser votre séparation ?
Comment ça ? C’est tout, c’est fini ? Un simple tas de paperasses pour clore toute une vie, détruire une famille… Ah non, cette fois c’est trop !
Arnaud explose. Il saisit brutalement sa souris et clique sur la petite croix en haut à droite pour fermer la fenêtre et mettre un terme à la conversation.

Seul devant son ordinateur, il rumine l’absurdité de la situation. Que croyait-il ? Qu’un programme informatique serait tout aussi capable qu’une personne en chair et en os de régler une affaire aussi délicate ? Franchement, il n’y a pas de quoi avoir peur : ce n’est pas demain que les robots remplaceront les hommes… La technique est loin d’être au point. Comment Marwan appelle-t-il ça déjà ? Ah oui, un bot… Créé il y a deux ans, celui-là a pourtant déjà pris en charge de nombreux divorces, ainsi que divers petits contentieux liés notamment à des impayés et des contestations d’amendes. En tout cas, c’est ce qui est indiqué sur le site.
Soudain, une petite enveloppe clignote en bas de son écran pour signaler un message. Machinalement, Arnaud clique dessus. La question apparaît, directe et froide. À l’image du dialogue qu’il vient d’avoir. Enfin, si tant est que l’on puisse parler de dialogue.
— Quel moyen de paiement souhaitez-vous utiliser pour payer la consultation juridique ?
D’un geste rageur, Arnaud rabat le couvercle de son portable et se lève brutalement, faisant crisser sa chaise sur le parquet vieilli.

Debout à la fenêtre de son deux-pièces de location, il regarde les petits pavillons avec jardin dont ils avaient souvent rêvé avec Mathilde et se murmure à lui-même avec un sourire amer : « Avec l’adresse mail que j’ai donnée, on va voir si ceux qui t’ont conçu sont assez intelligents pour réussir à me retrouver et réclamer leur pognon… »